Salle 04































Renaissance































































L’inventeur disparaît et l’onde revient par d’autres mains.






Entre la disparition de Léon Theremin 

                        et la renaissance américaine de son instrument, 
une nouvelle lignée commence : 
                                    celle de Robert Moog, 

qui transforme l’onde en série, 
                    en modèles, 
                                                      en avenir.











































a. Deux mondes






En 1938, Léon Theremin disparaît de New York.

En Occident, on ne sait plus très bien s’il a fui, s’il a été enlevé, s’il est vivant. On apprendra plus tard qu’il est revenu en URSS, emprisonné, puis affecté à des laboratoires secrets du système soviétique.

Pendant que l’homme se tait, l’idée circule : le theremin devient une architecture électronique.

À l’ère des magazines techniques et des schémas partagés, l’instrument n’est plus seulement un objet rare, il devient un plan, un circuit, une promesse reproductible.

Pendant que Léon Theremin est captif d’un État qui instrumentalise la science, un adolescent américain transforme le theremin en dynastie technique : les schémas circulent, les kits se vendent, les modèles s’améliorent, les timbres se multiplient, l’instrument se stabilise, se miniaturise, devient portable.




















































b. Robert Moog : biographie






Robert Moog naît en 1934 à Queens.




Très jeune, il fabrique radios et petits appareils dans l’atelier familial, avec son père George Moog, ingénieur électricien.


À 15 ans (1949), Bob et son père construisent un premier theremin à partir de plans publiés dans la presse technique : c’est le choc fondateur.

Là où le theremin RCA avait été un luxe de salon, Moog va transformer l’instrument en culture de fabrication : apprendre, documenter, vendre, expédier, améliorer.































c. Les premiers theremins Moog






Moog n’attend pas le synthétiseur : il commence par refaire vivre le theremin, comme une gamme, presque comme une lignée.



1953 : R.A. Moog Model 201.

Premier instrument conçu, fabriqué et vendu par Moog. C’est aussi le premier theremin proposé au grand public depuis le RCA (1929).

En janvier 1954, un article DIY de Moog paraît dans Radio & Television News : régulation de tension (stabilité), ampli et haut-parleur intégrés, sélecteurs d’harmoniques.



1954 : R.A. Moog Model 305 & Model 351.

Moog passe à une logique “basic / deluxe” : Model 305 (version épurée) Model 351 (plus riche en contrôles, avec sélecteurs de timbre)



1957 : R.A. Moog “Vanguard” (Model 505) & “Professional” (Model 551).

À la fin des années 1950, Moog abandonne les simples numéros au profit de noms : Vanguard et Professional remplacent 305/351.

Le tournant est technologique : Vanguard (1957) reste à lampes et conserve une forme moderne “wedge”. Professional (1957) devient transistorisé et introduit une approche plus “instrument” (contrôle de timbre), dans une caisse qui rend hommage au style RCA.



1961 : R.A. Moog “Melodia”.

Un design très proche du Melodia est d’abord publié en janvier 1961 dans Electronics World (nouveau nom de Radio News), sous forme d’article pour construire un “theremin transistorisé”.

Puis il est commercialisé sous le nom Melodia, en kit ou monté.



1962 : R.A. Moog “Troubador”.

En parallèle du Melodia, Moog propose un modèle plus “haut de gamme” : Troubador (1962), alimenté sur secteur et doté d’un timbre continu (plus seulement des positions fixes).

Le modèle est aujourd’hui considéré comme rare.














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